Article intégral de Richard Hamel paru dans le Canada Français du 24 février 2022

Après avoir vécu les Jeux olympiques de Tokyo dans un contexte de pandémie l’été dernier, Yvan Ouellet appréhendait des mesures de sécurité encore plus strictes à Pékin. Ses craintes se sont confirmées dès son arrivée en Chine.

À ses sixièmes Jeux olympiques à titre de responsable de l’équipement destiné aux athlètes canadiens et de la gestion des salles d’entraînement, le Johannais a connu un séjour fort différent à Pékin où il a traversé plusieurs embûches pour accomplir ses tâches.

En plus du matériel expédié en Chine après les Jeux de Tokyo, d’autres équipements ont pris le chemin des sites de compétitions dans trois villages olympiques. Yvan Ouellet s’est croisé les doigts pour que tout arrive à temps à destination.

« Ç’a été très ardu au début. Contrairement à Tokyo où il n’y avait qu’une seule salle d’entraînement, il fallait s’assurer que le bon matériel se rende dans chacun des trois sites. Disons que là-bas, le transport n’est pas simple. On a fait face à plusieurs problèmes logistiques », nous a raconté Yvan Ouellet, lors d’un entretien virtuel le 15 février dernier.

IMPRÉVUS

De Londres à Sotchi, en passant par Rio de Janeiro et PyeongChang, Yvan Ouellet a souvent eu à composer avec des imprévus. Cette fois, le préparateur physique et président d’Actiforme de Saint-Jean-sur-Richelieu a dû se démener un peu plus pour que les salles d’entraînement dans les trois sites soient prêtes à accueillir les athlètes quelques jours avant le début des Jeux, le 4 février.

Parti de Montréal le 27 janvier, Yvan Ouellet a fait escale à Paris avant d’arriver à Pékin le lendemain. « J’avais fini les installations le 31 janvier. Mais ça n’a pas été simple. Il y avait toujours un pépin quelque part. Avec le concept de bulle olympique, c’était compliqué pour accéder aux entrepôts. »

SÉCURITÉ

Yvan Ouellet logeait dans un hôtel du centre-ville de Pékin. L’établissement accueillait uniquement des membres des délégations participantes aux Jeux.

Après avoir pris le petit-déjeuner à l’hôtel, Yvan Ouellet a pu se déplacer dans un des villages en utilisant le service de transport spécialement offert aux délégations.

« On ne peut pas utiliser le transport en commun. Il y a un service de navette très rigoureux. L’autobus ou le taxi nous amène à un seul endroit. On fait un aller-retour. Et les mesures sanitaires sont vraiment exagérées. »

PAS DE TOURISME

Il va sans dire que pendant ses temps libres, Yvan Ouellet n’a pas eu l’occasion de jouer au touriste. Il a dû demeurer dans le périmètre de l’hôtel. Pas question d’aller au restaurant ou flâner dans les rues. « Normalement, je vais toujours me promener dans les rues des villes. C’est dommage, parce que j’aurais aimé visiter. »

Heureusement, le Comité olympique international a permis aux athlètes et aux équipes de mission d’assister aux compétitions. Yvan Ouellet a pu aller encourager les athlètes canadiens. Il a ainsi pu voir les matchs de hockey, les compétitions de planche à neige, le curling, le patinage de vitesse.

Mais l’accès aux sites n’est pas toujours facile. « Une journée, tu rentres au site par une porte, mais le lendemain, sans trop savoir pourquoi, on t’interdit l’accès par la même porte. »

Yvan Ouellet mentionne que dans le village olympique, il y a un mini centre d’achat, avec des magasins, un salon de coiffure, un fleuriste, un bureau de poste, un service médical etc.

Le village a également sa cafétéria pour les délégations. Là aussi les mesures sanitaires sont très strictes. « Quand tu rentres à la cafétéria, tu enfiles des gants, une personne met de la bouffe dans ton assiette et tu vas manger dans une espèce de cubicule. »

PARIS EN 2024

Lorsque les Jeux olympiques prennent fin, Yvan Ouellet s’active à démanteler les salles d’entraînement et à préparer les « palettes » pour les expédier au Canada. Certains équipements demeurent toutefois sur les sites pour être utilisés par les athlètes canadiens qui participeront aux Jeux paralympiques, du 4 au 13 mars.

Yvan Ouellet devait quitter Pékin hier (mercredi) en direction de Singapour pour une première escale avant de se rendre à Vancouver puis à Montréal. Un voyage de 26 heures.

Déjà, il planifie son mandat avec le Comité olympique canadien pour les Jeux olympiques d’été à Paris en 2024. Il entend étirer son travail par des vacances dans la capitale française avec sa conjointe. « J’ai commencé mes démarches pour que ma conjointe s’implique comme bénévole », conclut-il.

Les Jeux de 2024 se dérouleront du 26 juillet au 11 août.

Yvan Ouellet en compagnie de Danièle Sauvageau et une collègue du Comité olympique canadien, Josée Grand’Maître à l’occasion du match de hockey féminin opposant le Canada à la Suède à l’aréna de Wukesong. (Photo gracieuseté)