POINT DE VUE / Depuis l’éclosion de la pandémie, nos habitudes ont changé. Les différentes mesures sanitaires sont arrivées dans nos vies comme autant de nouvelles habitudes, dont certaines resteront bien au-delà de la crise actuelle. D’autres changements se sont également imposés d’eux-mêmes dans le contexte du confinement à domicile. Avec l’émergence fulgurante du télétravail, dont certains bienfaits sont notables, d’autres effets moins bénéfiques se sont ajoutés dus à la proximité du réfrigérateur et de la télévision. La meilleure volonté du monde n’a pas empêché certains de nos proches d’avoir pris quelques kilos en trop.

La COVID-19 a frappé et continuera de frapper jusqu’à l’arrivée d’un éventuel traitement, mais elle n’affecte pas toutes les victimes de la même manière. Notre degré de résistance s’explique par divers facteurs, dont notre âge évidemment, mais aussi notre condition physique et nos saines habitudes de vie. Nul besoin de rappeler qu’un corps en santé résiste généralement mieux à l’attaque d’un virus, quel que soit l’âge de la personne affectée.

Malheureusement, alors que les centres de conditionnement physiques auront rarement été aussi essentiels que maintenant, dont les services offerts par leurs professionnels kinésiologues, un grand nombre ne pourront rouvrir leurs portes, et ce, même après une complète reprise des activités. Les raisons sont nombreuses: il devra y avoir moins d’équipements pour respecter la distance de deux mètres, des horaires devront être fixés pour la clientèle et seront contraignants, et le nombre d’abonnés risque d’avoir diminué, au point où la rentabilité sera simplement impossible à atteindre. Cette situation sera pire en région, où les installations et le bassin de population desservis sont plus petits que dans les grands centres comme Montréal.

Aussi, les obligations légales des commerçants face aux consommateurs sont très sévères au Québec. Par exemple, si vous êtes membre d’un centre et que vous souhaitez étirer votre abonnement de quelques mois pour compenser les mois perdus par la fermeture, le commerçant n’a pas le droit de vous l’autoriser selon la Loi de la protection du consommateur, laquelle limite tout abonnement à un maximum de 12 mois.

De plus, les activités supervisées intérieures, encadrées par des professionnels comme les kinésiologues, ne sont pas encore déconfinées. Malheureusement, cette interdiction gouvernementale n’est pas respectée par tous, renforçant les inégalités entre les intervenants du domaine.

Ajoutons que les mesures d’aides gouvernementales fédérales et provinciales pour soutenir l’activité économique ne correspondent pas à certaines réalités des centres de conditionnement physique, soit parce que les kinésiologues qu’ils emploient sont souvent des travailleurs autonomes et non des salariés, soit parce que le soutien public se résume à pousser le commerçant à s’endetter davantage, sans savoir ce que lui réserve l’avenir.

 

Faire les choses autrement

Puisque les citoyens auront besoin de reprendre l’habitude de faire des activités et que plusieurs auront besoin d’être suivis et soutenus par des professionnels, puisque de saines habitudes de vie contribueront à renforcer la santé globale des Québécois en leur donnant un outil supplémentaire dans notre lutte contre le virus, peut-on collectivement reconnaître le rôle essentiel des centres de conditionnement physiques dans ce contexte en les supportant dans la reprise éventuelle de leurs services?

 

Des solutions à portée de main

Que ce soit par des assouplissements aux règles qui régissent les abonnements lorsque le consommateur lui-même le demande, par la mise en place d’une campagne de promotion à la remise en forme, par un crédit d’impôt pour diminuer le coût d’un abonnement, ou par l’exonération de taxes des centres qui offrent les services des professionnels kinésiologues, plusieurs possibilités s’offrent au gouvernement afin de mieux outiller les Québécois contre la pandémie, à la fois socialement, économiquement et dans une optique de santé durable.

La crise nous aura appris à faire les choses autrement. Espérons que cette industrie puisse être soutenue afin qu’elle puisse contribuer à la prévention à la hauteur de sa capacité à faire la différence dans la vie des Québécois.

 

Source : Le Soleil

 

COLLECTIF D’AUTEURS

Kandy Mallet, M.Sc Kin, président de l’Association des kinésiologues, kinésithérapeutes, orthothérapeutes, massothérapeutes du Québec (AKKOMQ)
Geneviève Émond, EMBA, B.Sc Kin, consultante pour l’AKKOMQ
Éric Cormier, B.Sc Kin, Studio Epix
Pierre-Olivier Pinard, B.Sc Kin, président-directeur général, Kin Impact et Kin Yoga
Érick Grandmont, propriétaire Énergie Sud
Yvan Ouellet, président, et Marie-Claude Lapointe, B.Sc Kin, Actiforme Consultants Inc.
Vincent LaGarde, B.Sc Kin, spécialisé en exercices thérapeutiques

 

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